Presse

Le Gouffre d’en Haut
Théâtre de la Madeleine Troyes/ 2 février 2016
Un spectacle roboratif

Françoise Toullec a inventé la liberté sur scène. La vraie liberté qui est le contraire du libéralisme.
C’est bien utile en ces temps-ci de veuleries musicales et pattes blanches à montrer. Elle a donc été l’âme d’un spectacle étonnant au théâtre de la Madeleine à Troyes le 2 février dernier. Dans ce « Gouffre d’en haut » étaient habilement mêlés cirque, textes humoristiques et musique. L’habitude du mélange des disciplines n’a pas toujours tenu ses promesses au théâtre. Mais ici, l’entente était parfaite entre un diseur énergumène (Fabrice Villard), des fildeféristes à tordre et des musiciens plus free que jazz, en tout cas plus musiciens que ce que l’adorateur de tubes sirupeux peut en comprendre.
Donc un spectacle à voir et à entendre, une musique surtout, vigoureuse, intelligente, originale, sauvage et inouïe au sens propre, à peine tonale et lardée de gousses d’humour à faire pleurer.
N’y a pas que l’ognon orthographique qui fasse pleurer. Pas de tromperie ! Que de la liberté crue, vivace et robuste avec du musicien en chair et en noces. C’est le contraire du hors-sol. On est en plein dans le compost créatif. Hors du convenu aussi, c’est excentré plus qu’excentrique et c’est loin de l’immonde mondialisation. Françoise Toullec l’affirme, c’est improvisé mais il faut se méfier du Chopin qui épate. Il met cinq minutes à pondre (Renoir dit peindre) un morceau, mais il lui a fallu trente ans pour y arriver.
Pour mieux comprendre cette artiste dirigeant un orchestre (Archipels Nocturnes) de six musiciens, tous étonnants de fraîcheur et de virtuosité, il faut savoir que Françoise Toullec a travaillé avec le regretté Mimi Lorenzini, créé des spectacles avec la facétieuse Dominique Fonfrède ou Tania Pividori, adroite dyslexique, et qu’elle a vocalisé avec André Minvielle (pensez à Lubat).
On en a marre des artistes cravatés et formatés. On en revient à Dada, époque écrue et crue, mais un Dada qui pense à la manière des surréalistes qui veulent aller au fond du réel, contester la raison, libérer les forces vives de la pensée et du désir. J’ai adoré. Notre amie Catherine Toussaint assurait la mise en scène et le théâtre de la Madeleine tiendra la rampe tant qu’on aura du beau monde comme ça pour le féconder.
Jean Lefèvre/ La Dépêche de l’Aube/ 25 février 2016




La Banquise
La Banquise, concert du 31 mars 2014 au Centre Wallonie Bruxelles à Paris
«Les rendez-vous en concert avec Françoise Toullec ont toujours quelque chose de rare et de précieux(…) La musique elle même a toujours cette mystérieuse qualité poétique qui la rend si singulière, à nulle autre pareille. (…) On retrouvait dans la musique jouée ce soir le goût de la liberté et du jeu, le plaisir de battre en brèche les conventions, de créer la surprise, d’insuffler mystère, fantaisie et poésie dans une musique par ailleurs très réfléchie, ainsi que ce penchant pour une pincée d’humour dada, denrée trop rare dans les musiques d’aujourd’hui. Dans le fil du concert, avec les espaces de respiration, de silence et de bricolages sonores électroniques, le quintet réussit à donner à ces suites une extraordinaire fluidité, donnant à sentir parfaitement la légèreté de cette musique.(…) Chaque fois, la musique hésite, se cherche, joue de ses propres déséquilibres, pour finalement trouver l’accord parfait entre écriture, improvisation, recherches sur la matière sonore et textes.»
Mathias Kusnierz, citizenjazz du 2 juin 2014
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EL(LE)
Album EL(LE) Françoise Toullec "La Banquise"
Françoise Toullec ( piano, composition), Claudia Solal ( voix), Louis Michel Marion ( contrebasse)
Michel Deltruc ( batterie), Antoine Arlot ( sax, électro-acoustique)
«  Pattes de velours, assemblage goûteux de consistances, de touchers sonores — matières modelées, roulées, comme des cailloux dans l'eau. Ouvertures inopinées, surprises constantes qui ne vont jamais au dévoilement : l'enjeu n'est pas de voir ni de déchirer le voile comme si un secret se trouvait derrière (c'est ainsi qu'Hamlet tue Polonius) mais de mettre en scène le jeu des masques, le carnaval. Réduction de la fête ici à quelques pulsations, à la fantaisie, à un équilibre, une harmonie en elle qui désarçonne — a posteriori — par son évidence. L'une après l'autre les écoutes successives étonnent, la richesse de la composition s'y révèle. Françoise Toullec et les musiciens de La Banquise laissent le silence jouer sa partie, en fait ils l'invitent à entrer dans l'orchestre et sa présence parfume leurs sons qui n'ont rien de pressé, ni de décidé à le couvrir, bien plutôt à lui tenir la porte ouverte. Claudia Solal fait de sa voix des merveilles d'intonation, chaloupant avec aisance entre hauteurs, couleurs, musique, sons et diction de textes (Norge entre autres) avec un art de comédienne confondant ; bref jamais elle ne sacrifie un aspect à un autre. C'est l'impression que donne tout ce disque, de trouver des passages inédits, et de les trouver dans la douceur la plus parfaite : les passages non plus n'étaient pas cachés, il fallait (seulement…) regarder autrement, varier l'angle du regard, poser la main un peu différemment.    Les huit morceaux qui composent el[le], sont associés chacun à une musique préalable, de Jacques Lenot, de Schubert, ou bien à des poèmes, ou encore rêvent sur les fictions que la science échafaude pour expliquer la réalité que les sens accueillent,  et les huit sont articulés en quarante sous-parties, quarante vertèbres  — la musique s'avoue ainsi fabrication, artefact : admirablement faite d'art et de sens. Que cette musique soit composée pour sa plus grande part ne fait pas de doute, que l'interprétation s'y confonde avec une fête improvisatrice non plus ; il n'est pas aisé de la saisir, la musique fuit la mémoire lorsqu'elle n'est pas prévisible. Le plaisir en est plus grand de devoir être rapporté à d'autres : nommément Françoise Toullec qui, outre la composition, tient le piano et le prépare parfois, Claudia Solal déjà citée mais pas assez entendue dans l'improvisation, Antoine Arlot au sax alto et à l'electroacoustique, Michel Deltruc à la batterie et Louis Michel Marion à la contrebasse. Chacun tient sa place de telle manière qu'elle est évidemment faite pour lui (ou elle) (par lui) (ou elle). D'où vient que cette musique, au delà de ce que, en faisant l'effort de se soustraire un temps à son charme, on peut percevoir comme des couleurs identifiables, instrumentales, stylistiques ou d'époque, semble lorsqu'on la laisse filer son chemin, continûment chanter d'une voix unique ? »
Noël TACHET Improjazz / février 2010


«  Depuis plus de quinze ans Françoise Toullec œuvre au rapprochement stimulant et nécessaire entre jazz, musique improvisée et musique savante contemporaine. Deux disques déjà ont été enregistrés avec son quintet La Banquise : Histoire d’Onk et La banquise en été. el[le] témoigne plus que jamais de son intérêt pour les musiques contemporaines non conventionnelles.Si Françoise Toullec donne son impulsion au groupe (elle tient le piano et signe toutes les compositions, très pensées et écrites), La Banquise réunit des talents qui lui confèrent son identité propre. Claudia Solal (voix), Louis Michel Marion (contrebasse), Antoine Arlot (saxophone alto, électroacoustique) et Michel Deltruc (batterie) : autant d’itinéraires hors norme et d’horizons diffférents : Arlot se passionne pour le free rock, le free jazz et la composition électroacoustique, Marion s’est formé autant au d’improvisateurs (Joëlle Léandre, Vinko Globokar, Barre Philips, AMM) mais aussi de compositeurs contemporains (Xenakis, Scelsi, Nono), Deltruc s’illustre dans les cercles free depuis les années 80, tandis que Claudia Solal prête sa voix caméléon à tout ce que le jazz français compte d’électrons libres. Quant à la meneuse de jeu, son esprit est aussi improvisateur que savant (Gyorgy Kurtag, Jacques Lénot), si tant est qu’il faille opérer ici de telles distinctions.el[le] est à la hauteur de ses promesses avec cette musique à la fois intelligente, intuitive et ludique (« Marel(le), sur une valse de Schubert », pièce construite sur le modèle de... la marelle), abstraite et incarnée en même temps que fantaisiste (« Les Merveilleux animaux planants de Bornéo »), poétique et narrative/figurative (« Saynètes »). En tout, huit pièces réparties en une quarantaine de plages dessinant un labyrinthe mental plein de surprises et de chausse-trapes. De tempérament plus rêveur que virulent, elles font la part belle à l’espace (« Effet de lentille », « L’Effondrement d’un nuage »), aux creux et aux esquisses. Le saxophone se fait parfois spectral, à la lisière du souffle, du son proprement dit et des notes plus franches (« Effet de lentille »). La voix passe du registre bruitiste et « onomatopéique » aux feulements où se racontent des histoires (« Saynètes »), la contrebasse rend tout ce qu’elle peut de sonorités étranges à l’archet tandis que la pianiste et le batteur égrènent sur ces subtiles dentelles sonores un jeu parcimonieux, élégant et cérébral.La folie douce qui habite ce disque est éminemment réjouissante. Cette proposition pourrait rebuter de prime abord, se mériter à force d’écoutes répétées - il n’en est rien, car ses charmes surpassent aisément ses difficultés. Pourvu qu’on l’accueille dans un esprit d’ouverture, ce disque est un vrai bonheur, enfantin et cérébral à la fois. »
Mathias Kurniez citizenjazz.com 15 fev.2010


«  Voilà une musique « théâtrale », poétique et ludique, dont l’un des charmes les plus évidents est de n’entrer dans aucune case dûment répertoriée. Il est vrai qu’empruntant sa grammaire autant à la musique improvisée européenne qu’au domaine contemporain ( on entend des échos d’Aperghis dans le traitement des voix, mais aussi l’influence discrète de l’école spectrale française dans son souci des timbres), Françoise Toullec, depuis plus de quinze ans, prend soin de ne pas confondre dans sa pratique la nécessaire question de la pluridisciplinarité, à laquelle tout artiste se trouve immanquablement confronté, avec le confusionnisme esthétique propre au grand fourre-tout postmoderne. D’où cette musique hybride dans ses techniques, résolument trans-genre dans son expression, mais extraordinairement précise dans sa façon d’articuler l’accident, le coq- à- l’âne stylistique, l’intrusion du hasard , à des formes finement ouvragées tant au niveau des tessitures complexes entremêlant la voix dans tous ses états ( chantée, parlée, susurrante, exclamative, déclamatoire, bruitiste) au saxophone et aux traitements électro-acoustiques, que des structures rythmiques mouvantes aux allures extrêmement variées. Déroulant sur un fil narratif abstrait séquences improvisées volontiers oniriques et petites formes modulaires à la fois structurelles et plastiques, Toullec allie délicatesses de miniaturiste à un vrai souci de la forme globale et embarque l’auditeur dans ses paysages sonores. »
Stéphane Ollivier, Jazz magazine décembre 2009


«  Un petit bijou de fantaisie poétique qui nous invite à nous plonger dans l’univers revigorant de cette Banquise à 5 places dont les dérives sont orchestrées par la pianiste et compositrice Françoise Toullec. On fond devant les espiègleries vocales de Claudia Solal, on se laisse réchauffer par l’inventivité d’un quintet qui se libère dans un cadre pourtant organisé.
El(le) est un disque plein d’humour qui allie les références sérieuses à un plaisir du jeu presque enfantin. Françoise Toullec a décidé de travailler sur des petits formats groupés en huit unités aux titres porteurs d’imaginaire : "Les merveilleux animaux planants de Bornéo", "L’effondrement d’un nuage" et les "Saynètes" sur des textes de l’écrivain belge Norge. Si on pense à Satie, Bartok (les miniatures) ou Stravinsky, on pourra aussi chercher des influences du côté de Luciano Berio mais cette musique ne s’interdit pas le rythme (souvent suggéré avec finesse) ni la mélodie charmante mais déglinguée ("Marel(le)" sur une valse de Schubert).
Une musique d’ensemble où la voix est mise en valeur de façon assez singulière. Un jeu auquel se prête avec bonheur Claudia Solal. Le climat se réchauffe, il est temps de s’intéresser de très prés à La Banquise ! »

culturejazz.net du 6 déc. 2009 par Thierry Giard

Opéra Bleu
Création musicale de FrançoiseToullec ( voir Oeuvres pluridisciplinaires), d’après Calaferte au Théâtre de la Madeleine à Troyes, 6 déc.2009.

«  Quel spectacle magnifique, déconcertant, copieux, que cet Opéra bleu tiré des vomissements géniaux de Calaferte, cet anar inspiré, dévastateur, trempé dans la moutarde, car né à Turin, élevé dans la misère de la banlieue lyonnaise et mort à Dijon après avoir été interdit pour des tas de bonnes raisons politiques et érotiques. (…) Ici on assiste à la création du monde. Dieu se cache, mais tape partout et donne du génie aux hommes, aux bêtes et aux objets. Françoise Toullec et Mimi Lorenzini cognent et grattent sur des instruments d’autrefois qui s’appelaient piano et guitare. Ils réussissent à exprimer une musique sans sucre au parfum de robusta, une musique qui sert à cimenter tout ce cirque du monde. La belle voix d’Estelle Filer, l’accordéon de Michel Nourry, le bagout joyeux de François Cancelli aidés de William Noblet haranguant le monde du haut de ses structures sonores, tout cela ne se raconte pas. Ça rentre par les yeux, les oreilles ou la peau et même le nez si cet appendice ridicule était capable d’émotion en dehors des rhinites. Un chef-d’œuvre vigoureux, original, plein d’un vin de vigueur, propre à régénérer nos sociétés parait-il en déclin. (…) Il serait bon qu’un tel divertissement circule pour montrer tout ce que le genre artiste est capable d’hybrider dans des terres fertilisées par des auteurs et des musiciens de cette capacité.»
Jean Lefèvre.
La Dépêche de l’Aube, n° 1002 déc. 2008

Opus pour un autre temps
Création orchestrale de Mimi Lorenzini (guitare, composition) donnée le 19 Nov. 2006 à la Scène Nationale du Blanc-Mesnil.

« Opus pour un autre temps », une création audacieuse, tumultueuse, enivrante et profonde. (…) pas moins de vingt musiciens occupent la scène et donnent la couleur sonore de seize poèmes de Mahmoud Darwich, Palestinien de Ramallah, chef de file de la poésie arabe contemporaine. Les comédiens, Sabine Boukobza et Jean-Luc Debattice, calés au beau milieu des musiciens, portent les textes comme des étendards, toujours d’une voix ferme, bien campée dans le monde de Mahmoud Darwich, avec la teinte réussie de l’émotion. Toute la circonstance intrigue et l’on sent d’emblée que l’expérience peut dérouter. Elle fait davantage, elle bouleverse. Les trouvailles de compositions et d’improvisations laissent bouche bée. Les thèmes, simples, tournent comme les bras d’une locomotive à vapeur, on les garde en tête, mais les pulsations de Ramon Lopez à la batterie, les zébrures du saxo de Steve Potts (compagnon de route de Steve Lacy) ou les performances époustouflantes de finesse et de tapage de la pianiste-bruitiste, Françoise Toullec, emportent au loin et font vibrer intimement le thème lancinant des poèmes : la colère de la liberté. (…)
Barbara Osorovitz « JazzMagazine » Janv. 2006

Le Perturbateur
Françoise Toullec (piano, composition), William Noblet (actions sonores), Claudia Solal (voix).

La pianiste Françoise Toullec aime les mélanges entre improvisation et écriture, imprévu et récit, piano et voix, ombre et lumière, pour créer une musique unique, entre croquis de voyage, journal intime d’impressions sonores et explorations hallucinée.(…)
Théo Jarrier Jazzman Juil. Août 2003



( à propos de Claudia Solal) …La souplesse, la plasticité de sa voix (sans parler de rigueur, de justesse, d’invention, de beauté) sont exemplaires tout au long du disque.( …)
Le piano de Françoise Toullec (médium et grave surtout) sert de cadre aux sons des structures de Noblet, à sa voix et à celle de Claudia Solal (admirable, l’ai-je dit ?) en une sorte de piquetage musical de l’espace qui leur donne sens et fonction. Ce disque nous parvient comme une sorte d’ovni réjouissant, la garantie qu’on ne peut pas tuer « ça ».

Noël Tachet Improjazz avril 2004

Ni Plus Ni Moins
Mimi Lorenzini (guitares), Françoise Toullec (piano), Jean Luc Debattice (voix, textes).

Une formule très allégée pour la suite des aventures gravées par l’un des tous meilleurs guitaristes de « jazz » français et une pianiste talentueuse qui est déjà à l’origine de quelques disques qualifiés d’importants par la presse et notamment dans nos colonnes.(…)
Cet aspect de légèreté s’estompe au fur et à mesure que la machine développe son discours, avec cette complicité présente en permanence, ces jeux de cache –cache entre le piano (intérieur bien souvent) et ces quelques notes retenues, ces sonorités métalliques des deux instruments, ces mots qui viennent recouvrir un fond extrêmement tendu et fluide, avant de s’effacer pour mieux renaître. ( …) un disque raffiné et à la beauté sensuelle et charmeuse.

Philippe Renaud Improjazz août/sept. 2004

La Banquise en été
Françoise Toullec (piano, composition textes), Claudia Solal (voix), Sylvain Phialy (voix),  Louis Michel Marion (contrebasse), Pierre Vargoz (batterie), René Leborgne (percussions,électronique).

Piano cristallin, cascades de notes en rebonds, friselis sur les peaux et le métal, bruissements d’ailes, corps qui s’ébrouent… D’entrée de jeu cette musique a la fraîcheur des commencements, séduit par sa légèreté primesautière ; celle du vent qui souffle sur les matins du monde et ouvre un espace où la nature s’anime : des rêves surgissent peuplés de tout un bestiaire fantastique et de voix qui sifflotent comme si de rien n’était ; ainsi s’esquissent des contes à dormir debout.
Françoise Toullec a l’oeil vif, porte sur le monde et la musique un regard ingénu; mais qu’on ne s’y trompe pas: au delà de cette apparente naïveté pointe très vite toute la malice d’une gamine espiègle et polissonne. Rires, gloussements, caprices et gourmandise sont toujours au rendez-vous. Sa musique fait mille galipettes et facéties, tintinnabule, caquette, taquine les timbres et les mots. Comme si, à chaque instant, un lutin s’ingéniait à brouiller les pistes, à jouer sur la confusion ou l’osmose des sonorités vocales et instrumentales. (...)

Gérard Tourtrol (France-Culture) Décembre 1999



La pianiste Françoise Toullec creuse son sillon. Façonnant une musique profondément originale, hors des sentiers battus, intrigante, parfois déroutante. (…). Les huit compositions / improvisations de cet enregistrement se jouent des mots, de leur prosodie, de leur détournement et de leur métamorphose. Soit une musique en mouvement perpétuel qui fait la part belle aux éclats de l’improvisation collective. L’espace des possibles.
Franck Médioni , Keyboards Juillet 2000



(…) Dans un double jeu entre la matière brute des mots (syllabes et sons détournés, métamorphosés…) et celle plus immatérielle de la musique, ces comptines incitent sans cesse à la rencontre. Il s’agit moins d’accompagner les voix que de les mettre en situation, de dévoiler des liens inattendus que tisse l’improvisation. Souplesse de la rythmique, retenue des mélodies, c’est vers les joutes verbales que la tension se porte. Un univers singulier (…).
Thierry Lepin Jazz Man juin 2000



Entre le zéro et l’infini, il y a la Banquise. Entre l’origine de la création et l’étendue de la musique improvisée, il y a un sextet. Celui-ci a posé son laboratoire à La Grange, pendant une semaine, le temps d’expérimenter des combinaisons sonores. (...)
La voix de Claudia Solal, à l’étendue phénoménale, est la seule concession faite à la vie humaine, sur la mer gelée. Le fruit de la conjonction des bruits émis par la percussion de René Le Borgne et la batterie de Pierre Vargoz, puise dans les tréfonds marins pour charrier une masse de sons qui s’entrechoquent, s’unissent et se complètent sur des paroles de Françoise Toullec. Celles-ci sont autant de morceaux de glace qu’emportent inexorablement les courants(...)

Libération - Champagne Novembre 1999



On s’amuse de cette musique quand elle brocarde gentiment certaines recettes de l’avant-garde.
On entend le bruit du vent, le meuglement des vaches, des voix étranges et fofolles.
On entend des textes, des comptines absurdes et dérisoires.
On entend de savoureux poèmes animaliers qui jouent avec les allitérations.
On se dit que rarement musique et textes ont fait si bon ménage.
On pense à Desnos, on pense à Queneau.
On se dit enfin qu’on aurait bien tort de se priver de cette petite merveille.

Gustave Cerutti , Improjazz mai 2002


Jeux de Brousse
Françoise Toullec (piano, scénario musical), William Noblet (scéno, manipulations sonores), Mimi Lorenzini (guitares), François Cancelli (déambulations verbales).
Textes de Jean Pierre Bobillot.

(…)Un univers existe, étrange et bizarre, dans lequel se tiennent et se meuvent les intervenants. François Cancelli, chargé des déambulations verbales, passe d’un côté à l’autre et livre des mots, extraits des Poèmes coupés de JP Bobillot dont les titres s’apparentent à des jeux verbaux : des singes aux signes, de buffles en biffures, de terreurs en erreurs.
Sa voix, tel un instrument jouant des rythmes, des silences et des inflexions, interprète ce ”matériau textuel” comme une partition. (…).
Concert performance en 3D : son, matière, mouvement”, la définition est bonne et la soirée aussi qui offre un extravagant périple dans une brousse occidentale et urbaine. Les sons suggèrent des images et sollicitent les souvenirs... Les lessives, la métallurgie, les piano-bars, les jambes d’une femme gainées de bas résilles. Dans un genre périlleux, fondé sur l’improvisation, un spectacle inconvenu mais dont les références appartiennent à tout le monde. Il suffit d’entrer dans le jeu.
Micheline Servin
Les cahiers de l’ORCCA numéro 8 (Office Régional Culturel de Champagne Ardenne)



La conception ”musique-bruit” de Françoise Toullec ne pouvait que s’accorder avec celle mouvante de ”Poésie-sonore” de J-P Bobillot. Celui-ci fut le premier étonné de savoir que quelqu’un avait pu mettre le nez dans ses ”publications très marginales” des ”Poèmes coupés” qui furent recoupés pour l’occasion d’un spectacle avec Françoise Toullec. ”Une prestation musicale passionnante qui passe d’un côté free à un côté ritournelle”, selon Bobillot. Les textes de l’auteur, comme le recueil s’intitulant ”Autogènes slaptiques” sont ”toute une réflexion sur la notion du bruit qui est le refoulé du son et du langage(…).
L’Union - Mercredi 15 Décembre 1999 - Extrait

Histoire d’Onk
Françoise Toullec (piano, composition, textes), Pascale Valenta (voix), François Lauriol s(ax alto et soprano ),  Louis Michel Marion (contrebasse), Pierre Vargoz  (batterie), Mirtha Pozzi (percussions).

«Le togo à Vélo» et surtout «Histoire d’Anoure» développent ce subtil mélange de poésie absurde et ces climats débridés, soulignés par le piano et le saxophone. Si l’on parle de disque inclassifiable, le terme devrait parfaitement s’appliquer ici, sans aucune hésitation. Et ce voyage totalement anachronique que Françoise Toullec nous propose est certainement bien plus aventureux que n’importe quelle « expérience » actuelle. Voilà le genre de disque qui s’adresse à ceux qui veulent entendre autre chose qu’une musique asceptisée et pré-digérée. Et le clin d’oeil de la « Valse Hésitation » n’est certainement pas innocent. Françoise Toullec est une artiste pure, vraie, non-polluée par un environnement musico-mafioso-affairiste et il est à parier qu’elle sait déjà qu’elle ne quittera pas la route qu’elle veut se tracer. Tant mieux pour nous.
Philippe Renaud IMPRO JAZZ N°21



Il faut saluer le courage et la pugnacité de la jeune pianiste française Françoise Toullec qui s’est lancée dans l’autoproduction pour faire connaître son travail. Aux confins du jazz, des musiques improvisées, de la musique contemporaine et du théâtre musical (…)un conte musical qui fait la part belle à l’onirisme et à l’humour, bref à l’imaginaire. C’est frais, spontané et inclassable, donc très loin des schémas classiques de la production musicale actuelle. Osons donc ”Histoire d’Onk” .
Franck Médioni KEYBOARDS Janvier 96



(...) Son clair et aéré, précis, variations thématiques et enchaînements inhabituels ( entorses aux règles du «Jazz», sensibilité féminine (piano et voix /textes ), une ballade plus qu’agréable du «Togo à Vélo » à la « Valse hésitation ». Vous trouverez des précédents, mais peu de pr oduits analogues offrent une telle spontanéité. (...)
Dino REVUE CORRIGÉE